Philippe Buschini Posts

Pendant des années, les géants de l’IA ont joué à la même loterie : empiler toujours plus de couches, injecter toujours plus de puissance de calcul, espérer que ça tienne. Parfois, après des mois d’entraînement et des millions de dollars dépensés, tout s’effondrait d’un coup. Sans prévenir.

Le problème ? Personne ne savait vraiment pourquoi.

Puis DeepSeek a ressorti des cartons un vieil algorithme de 1967, oublié dans un papier de mathématiques poussiéreux. Un truc qui n’avait rien à voir avec l’IA à l’origine. Juste des matrices et de la géométrie. Et avec ça, ils ont réussi là où les autres échouaient.

Ce n’est pas juste une amélioration technique. C’est un changement de philosophie complet. La preuve qu’on peut faire mieux avec moins, que l’intelligence n’est pas qu’une question de taille, mais d’architecture.

L’histoire de comment un algorithme vieux de 60 ans vient de redistribuer les cartes dans la course à l’IA.

OPINION

Un orchestre sans chef, c’est le chaos organisé. Chaque musicien joue juste, mais ensemble, ça dérive. Les IA, c’est pareil. Elles produisent des textes bluffants tout en pouvant déraper à chaque phrase, avec le même ton assuré. Pendant longtemps, on a cru qu’il n’y avait que deux options : mieux leur parler (prompt engineering) ou les reprogrammer (fine-tuning). Mais il existe une troisième voie, plus subtile. Une manière de murmurer directement dans leurs états internes, pendant qu’elles pensent.

Ça s’appelle le steering.
Et ça change tout et pas seulement notre rapport aux IA.
Notre rapport à nous-mêmes aussi.

OPINION

Vous est-il déjà arrivé de passer vingt minutes à scroller, lire, regarder… puis de refermer LinkedIn avec une sensation étrange, celle d’avoir consommé beaucoup sans rien vraiment apprendre ?

Ce n’est pas un manque de curiosité ni de discipline. C’est l’effet d’un nouvel environnement informationnel où l’IA produit des contenus fluides, rassurants, immédiatement consommables, mais souvent pauvres en substance. On appelle cela l’IA Slop, une nourriture intellectuelle qui rassasie sur le moment, sans jamais nourrir la pensée.

OPINION

Nous passons notre temps à traquer l’erreur, comme si elle était l’ennemie du progrès. Pourtant, sans elle, aucune connaissance ne surgirait, aucun apprentissage ne tiendrait debout. L’erreur est le moteur discret de toute intelligence.

Le problème commence lorsque nous la confondons avec la tromperie, et lorsque nous projetons sur nos machines le fantasme d’une perfection que nous n’avons jamais su atteindre nous-mêmes.

Sans conscience de nos biais, l’intelligence artificielle ne peut devenir qu’un miroir grossissant de nos propres angles morts. Cet article propose un pas de côté, non pour condamner la technologie, mais pour rappeler une chose simple et exigeante, ce n’est pas la machine qui doit devenir parfaite, c’est notre regard sur nos propres limites qui doit devenir plus lucide.

OPINION

Il y a un moment étrange où l’on réalise que quelque chose a basculé. On se connecte, on scrolle, on clique… et on sent une usure sourde, comme si chaque geste demandait un peu plus d’énergie qu’hier. Les services qu’on aimait deviennent lourds, bavards, saturés de sollicitations. On se surprend à soupirer devant un fil d’actualité qui ressemble de moins en moins à une conversation, et de plus en plus à un hall de supermarché sous amphétamines.

Ce glissement n’a rien d’une anecdote. C’est une mécanique précise, patiente, presque géométrique. D’abord les plateformes nous séduisent, puis elles nous serrent, enfin elles nous pressent. Et nous restons là, persuadés que c’est la normalité. Parce que “tout le monde y est”. Parce que partir coûterait trop cher, trop de données, trop de liens, trop d’habitudes.

Et si cette lente détérioration n’était pas une fatalité, mais un système ?
Et si nos outils, conçus pour nous simplifier la vie, étaient devenus des machines à éroder notre attention, nos savoirs et parfois même nos institutions ?

Nous sommes peut-être entrés dans un âge où la technologie ne se contente plus de dysfonctionner : elle s’abîme méthodiquement, et nous avec. L’enjeu n’est plus de s’indigner, mais de comprendre. Parce qu’une mécanique, une fois décodée, cesse d’être un piège.

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